Importance : | Vol. XXVI, N°2 (pp. 235-282) |
Résumé : | Dans un cadre méthodologique privilégiant des contacts approfondis, en dehors de la structure sanitaire (les Centres anti-tuberculeux d'Abidjan, en Côte d'Ivoire), avec un nombre restreint de malades, nous illustrons - à travers quatre cas - les enjeux pour le patient de la révélation (ou non) à autrui de sa séropositivité. Ces exemples montrent que la pratique d'une annonce décalée dans le temps par rapport au test ne favorise pas l'application des conseils de prévention mais donne au malade le temps d'identifier des attitudes de mise à l'écart par les proches - fondées sur la seule observation de la dégradation de l'état de santé - et lui permet de développer des stratégies de préservation du secret que représente l'annonce. Au niveau du groupe des 45 patients suivis, l'analyse de la circulation de l'information relative à la maladie révèle que seule une minorité d'individus connaissent leur statut sérologique. D'autre part, les patients informés tardivement partagent rarement cette nouvelle. Enfin, les interprétations des proches sur la maladie évoluent avec le temps, mettant d'abord l'accent sur la tuberculose et le paludisme pour développer par la suite - devant la persistance du mal -un discours sur une agression sorcellaire. |